Librairie Chamonal


Par le précepteur de Montaigne

MURET (Marc Antoine) Commentarii in Aristotelis X. libros Ethicorum ad Nicomachum, & in Oeconomica. Aristotelis Topicorum libri septimi, et in eundem Alexandri Aphrodiensis commentarii interpretation. Commentarius in Lib. I. et II. Platonis de Repub. Notae in Cyropaediam et $Anabasin$ [en grec] Xenophontis. Accesserunt Eruditi cuiusdam Notae & Varia lectiones in Georgium Codinum Curoplatam de officiis palatii Constantinopolitani. Omnia nunc primum è m. f. edita Ingolstadt, Adam Sartorius, 1602,

vélin souple ivoire, titre manuscrit au dos [Rel. de l'époque], mouill

4 ff.n.ch. pour le titre et la dédicace, 828 pp., 1 f.n.ch.

Inconnu de Cioranescu. Intéressante édition.

On y trouve réunis, pour la première fois, des commentaires de Muret sur Aristote, Platon et Xénophon, publiés d'après les manuscrits laissés par l'auteur.

C'est en 1547 que Marc Antoine Muret [Muret (Limousin) 1526 - Rome 1585] eut l'honneur de dispenser son savoir au jeune Michel de Montaigne. De 1551 à 1553 il régenta au collège de Boncourt à Paris. Jeune professeur de 25 ans, il s'applique surtout à l'étude des poètes latins. C'est à ce moment qu'il eut pour élèves R. Belleau, J. de La Taille, E. Jodelle, Vauquelin de La Fresnaye et noua des amitiés avec Dorat et les jeunes élèves qu'il avait instruits au collège de Coqueret, Du Bellay, Ronsard et Baïf. En 1553 il fut enfermé au Châtelet pour sodomie, où pour ne pas être exécuté il se laissa mourir de faim. Des amis réussirent à le faire libérer et il s'enfuit à Toulouse. Là bas aussi son amour des garçons le perdit. Il eut une liaison avec un jeune homme nommé L. Memmius Frémiot et sur l'avis du conseiller du Parlement il s'enfuit. Pendant que les Toulousains le condamnaient à mort par contumace et qu'ils brûlaient son effigie et celle de son ami en la place St. Georges, Muret franchissait les Alpes avec un déguisement, se fixait à Venise où il fréquenta les humanistes italiens, dont Paul Manuce. Mais la Serénissime, pas plus que les Parisiens et les Toulousains ne lui pardonna ses moeurs, et on le retrouve à Padoue, puis à Ferrare où l'attira le cardinal Hippolyte d'Este, qui fit de lui son secrétaire. En 1571 le pape lui donna le titre très envié de citoyen romain. Théodore de Bèze a écrit : "pour un penchant contre nature Muret a été chassé de France et de Venise, et pour le même penchant il a été fait citoyen romain". En effet à Rome il trouva bonheur et richesses au palais des princes de Ferrare, là où le Tasse allait bientôt abreuver sa vie d'amertumes. En 1576 il se fit religieux et veilla à l'éducation d'un jeune filleul ou neveu qu'il avait fait venir à Rome et auquel il légua tous ses biens. Cf. Oberlé, Poètes néo-latins, p. 144, n° 163.

Ajoutons que pour l'auteur des Essais, "la France et l'Italie reconnaissent [Muret] pour le meilleur orateur du temps" [I, 26], et qu'on lui doit l'édition des Amours de Ronsard qu'il a enrichie de savants commentaires. Son ancien disciple dut avoir plaisir à retrouver Muret à Rome, en mars 1581, puisqu'il note dans son journal : "Dînant un jour à Rome avec notre ambassadeur, où estait Muret et autres savants"...

Bon exemplaire dans son vélin d'origine

Euro1300

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